Cloud hybride, où es-tu ?

Cloud hybride, où es-tu ?

Une utilisation croissante des services de cloud public dans les entreprises et les grands groupes (AWS, Dropbox, Office 365, etc.) a logiquement poussé les DSI à vouloir mieux maîtriser un phénomène qui, bien souvent, leur échappe.

Cette réaction est saine pour plusieurs raisons :

  • La cohérence du système d’information, qui est déjà suffisamment difficile à atteindre, nécessite en permanence d’harmoniser les technologies et les pratiques avec le cloud public comme avec le reste du système d’information.
  • Quel que soit le niveau où on la place, la sécurité exige a minima de savoir où partent les données, et pour cela d’en maîtriser les flux.
  • La maîtrise des coûts nécessite de surveiller de près ce que le cloud public engendre, et qui peut se révéler très onéreux (services inutilisés, machines dormantes mais payées, utilisation en continu de services à l’usage, sous-utilisation de services pré-payés, absence de contrat groupe etc.)

Forts de ces arguments et sommés d’entrer dans la didgitalization sous peine de se faire uberizer, les services informatiques centraux ont vu dans le cloud hybride l’opportunité de canaliser les demandes métier par le biais d’un portail :

  • Un cloud privé pour les données et applications sensibles.
  • Un ou des clouds publics pour les usages et les environnements moins sensibles.

Hélas, l’injonction de faire cohabiter les deux systèmes a souvent abouti à une vision « catalogue de services » : offres séparées, SLA et modes d’automatisation distincts, workflows et workloads autonomes.

Or, il y a des avantages évidents à « fusionner » les deux systèmes (on-site + off-site) au sein d’une même orchestration. Ce qui revient à bénéficier de l’agilité d’un cloud public (scalabilité, capacités de calcul et de stockage sans CAPEX) tout en s’appuyant sur la sécurité, la gestion et les performances de l’IT interne. Ce principe d’architecture unifiée permet aux utilisateurs de ne plus se soucier du choix de leur infrastructure et d’allier le meilleur des deux mondes.

Par exemple :

  • Répartition des applications sur plusieurs clouds (architecture n-tiers) : frontaux web nécessitant de l’élasticité en cloud public & bases de données et couches applicatives en cloud privé. C’est le cas d’usage le plus fréquent.
  • Cloud burst : absorption des pics de charge du cloud privé par le cloud public.
  • Cloud brokerage : optimisation des coûts et des performances en utilisant plusieurs fournisseurs de cloud public et en choisissant, en temps réel, le plus avantageux.

Certes, tout cela est très joli en théorie ! Aux réticences « classiques » (réversibilité, latence, interdépendances, emplacement des données) s’ajoutent bien évidemment les contraintes récurrentes à toutes les mises en oeuvre de cloud, comme le développement des compétences transversales, le pilotage de services rendus aux utilisateurs plutôt qu’un pilotage technique,  la modernisation et/ou la maîtrise de l’infrastructure réseau…

Et l’architecture unifiée vient ajouter un troisième niveau de difficulté : la complexité et la sophistication d’une intégration d’environnements disséminés entre l’interne et l’externe, pour lesquels il est nécessaire de maîtriser les outils de gestion des autres. Un frein majeur au déploiement d’un vrai cloud hybride.

Bonne nouvelle : ce dernier barrage semble être en passe d’être levé. En août 2016, IBM et VMware ont annoncé un partenariat afin que les utilisateurs VMware puissent piloter depuis la plateforme de virtualisation Vsphere les serveurs virtuels ou « bare metal » localisés dans les Data Centers d’IBM (Cloud Public SoftLayer). La convergence de ces outils — comprenant l’architecture, les couches réseau et la sécurité, permet de provisionner indifféremment des environnements, du réseau, du stockage dans l’une ou l’autre solution. Et le 17 octobre 2016, le même type de partenariat a été annoncé entre AWS et VMware.

L’impact d’une possibilité d’extension des environnements internes vers l’externe, avec les mêmes outils de management, est visiblement appelé à connaître un grand succès. Openstack et Azure (avec Azure Stack) avaient déjà ouvert la voie. Mais que les deux leaders des solutions les plus répandues soient aujourd’hui capables de s’entendre pour proposer un cloud hybride clés en main montre que l’approche par une architecture unifiée est aujourd’hui possible et surtout souhaitable.

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